Parité en politique: Les femmes encore largement sous représentées à la tête des exécutifs

 

 

Alors que l’on vient de fêter les 70 ans des droits de vote et d’éligibilité des Françaises, la parité est désormais obligatoire dans les compositions de listes électorales. Reste maintenant aux femmes à s’imposer à la tête des exécutifs.

 

En 1944, les femmes deviennent «  électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes ». Ni l’accès aux droits civils en 1789, ni l’adoption du suffrage universel en 1848 n’avaient accordé ces droits aux Françaises avant cette ordonnance historique du 21 avril 1944.  Avant-guerre, en France, le suffrage des femmes aura été voté plusieurs fois par la Chambre des députés mais le Sénat bloquera ensuite systématiquement cette décision alors que de nombreux pays européens accordèrent le droit de vote à leurs citoyennes après la première guerre mondiale. Léon Blum offrira trois postes de sous-secrétaires d’Etat à des femmes dans son gouvernement de 1936 mais les revendications des mouvements féministes triompheront avec les élections d’octobre 1945.

Electrices mais peu élues

C’est en effet le 21 octobre 1945 que les femmes votent et sont éligibles pour la première fois dans un scrutin national. Avec 33 femmes élues, soit 5,6% des députés, la faible représentativité féminine à l’Assemblée se perpétuera : 5,3% de femmes députées en 1981 et 6% en 1993. L’Assemblée nationale actuelle est la plus féminine de l'histoire avec près de 27 % de femmes députées.

Au cours de la quatrième République (1946-1958), trois femmes furent nommées au sein d'un gouvernement (dont une seule ministre de plein exercice). Même chiffre de trois femmes à des postes ministériels (secrétaires d'État) lors de la Vème république sous les présidences de Charles de Gaulle et de Georges Pompidou entre 1958 et 1974. Ce sera Valéry Giscard d'Estaing qui lancera la féminisation de la vie politique avec neufs femmes dans ses quatre gouvernements de 1974 à 1981.

La parité légalisée

70 ans après les droits de vote et d’éligibilité pour les femmes, la parité est aujourd’hui réglementée par plusieurs lois. La loi du 11 avril 2003 impose l’alternance stricte entre hommes et femmes pour les listes des élections régionales et européennes. La loi du 31 janvier 2007  l’impose pour la composition des listes électorales municipales (de 3 500 habitants et plus) et introduit une obligation de parité dans les exécutifs régionaux et municipaux (de 3 500 habitantes et plus). Enfin, la loi du 17 mai 2013 l’impose pour l’élection des conseillers départementaux.

Si la parité est désormais la règle dans la composition des listes électorales, les femmes restent largement sous représentées à la tête des exécutifs. Sur 101 présidences de conseils départementaux, on ne compte que dix femmes .

En décembre 2015, 3 femmes deviennent présidentes de région ; elles sont 8 % à être présidentes d'intercommunalités et 16 % à être maires ; le Sénat compte 25% de sénatrices. La représentativité des femmes reste donc d’actualité. 

 

Vincent Biard

 

Article publié le : 17/12/2015

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